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Apprendre à exister.

Le bonheur est sur le chemin

 

Nous avons tous des aspirations, qui font battre notre cœur, nous empêchent de penser à autre chose, de vouloir autre chose. Des aspirations qui semblent conditionner notre bonheur.

 

Elles rythment nos journées et nourrissent nos rêves. C’est vers elles que se dirigent nos pensées matinales et la plupart de nos prières.

 

Nous voulons les voir se réaliser, tout en redoutant le contraire. Cela entraîne une tension intérieure permanente, des allers-retours entre les berges de l’espoir et les basfonds de l’anxiété.

 

Il est de ces jours où nous sommes certains de nous rapprocher d’elles, et d’autres où elles nous paraissent si éloignées ; de ces jours où nous sommes déterminés à leur consacrer tout l’effort qu’elles suscitent ; et d’autres où nous sommes persuadés que l’effort sera vain.

 

Faut-il s’arrêter ? Faut-il continuer ? Nous voulons rarement trancher le dilemme. D’un côté, nous craignons de le regretter, de paraître sans caractère. De l’autre, nous craignons de perdre notre temps, d’essuyer un nouvel échec.

 

Notre progression est alors hésitante, difficile, douloureuse. Traverser le brouillard et atteindre notre destination. Naviguer dans les eaux troubles. Garder la vue sur notre étoile malgré le ciel nuageux.

 

Notre progression ne doit cependant pas être mécanique, fataliste : une marche forcée que l’on mène parce qu’il faut bien tendre vers quelque chose. Notre rôle est de donner à l’espoir le dessus sur nos doutes ; à notre action, la couleur du succès.

 

Le succès, celui-là sur lequel nous faisons reposer notre bonheur, n’est pas le résultat de nos actions. Il prend forme, se densifie, dès la naissance de chacune d’elles. L’espoir que nous nourrissons au lieu de succomber à l’anxiété, le nouveau pas consenti au lieu de nous arrêter ou de reculer, le sursaut effectué au lieu de nous effondrer, sont autant de victoires plus grandes que la réalisation de l’aspiration même.

 

Ce dépassement remporte tous les mérites. Il ne nie pas la difficulté et l’incertitude corrosives, ne cherche pas à les éradiquer. Son art est de cohabiter avec elles, d’agir malgré leur présence, de les minimiser grâce au travail, et d’oser un parti pris : celui de croire que le dessein d’une aspiration, d’une prière, est qu’elle s’accomplisse.

 

Cet accomplissement finit toujours par avoir lieu, ou par laisser place à une réalisation de plus grande envergure, lorsque nous avons continué d’avancer tout en espérant. Devant lui, c’est cette combativité, cette ténacité déployée à des moments critiques qui nous réjouit, nous rend heureux, fiers.

 

Nous aurons fait partie des rares personnes ayant compris que l’espoir est un fardeau, dont il ne faut jamais se débarrasser si l’on tient à son bonheur.

 

 

 

 

 

 

Cheikh Ahmadou Bamba Ndiaye

 

 

 

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